• Un modèle social et écolo

    Un modèle social et écolo

    Donné en exemple dans le monde entier, la politique d’aménagement de Vancouver montre néanmoins quelques limites.

    11.02.2010 | Kim Murphy | Los Angeles Times

    Plus que toute autre ville d’Amérique du Nord, Vancouver a placé le développement durable au cœur de sa politique d’urbanisme. On parle désormais de vancouvérisme pour désigner une philosophie fondée sur les transports publics, des infrastructures peu gourmandes en énergie et de grandes tours résidentielles dans des quartiers aérés, ponctués de nombreux espaces verts, où l’on peut circuler à pied. Et les Jeux sont l’occasion de montrer les orientations futures de la ville. Le village olympique, un chantier de 1 milliard de dollars, tire jusqu’à 70 % de son énergie du recyclage des eaux usées, et la structure de l’anneau olympique de Richmond, qui accueillera les épreuves de patinage de vitesse, met en valeur le matériau le plus renouvelable qui soit : le bois.

    Ces vingt dernières années, Vancouver est parvenue, alors que la population du centre-ville a plus que doublé, à abaisser ses émissions de CO2 par habitant au niveau le plus faible de toute l’Amérique du Nord. [Sur une population totale de 600 000 habitants à Vancouver et de 2,3 millions dans l’agglomération, près de 80 000 résident en centre-ville.] Sur les artères les plus fréquentées du centre-ville, des voies sont désormais réservées aux bus, aux vélos et aux piétons. La ville a incité les promoteurs à aménager des parcs, des centres de loisirs, des bibliothèques, des crèches et des promenades de front de mer comme nulle part ailleurs ou presque.

    Le grand magasin Woodward’s, achevé en 1908, est en cours de réhabilitation. Il abritera des appartements de luxe, des logements pour sans-abri, un centre d’art contemporain, un supermarché, une pharmacie et une crèche. “Soyez audacieux”, proclame un panneau installé sur le site, “ou déménagez en banlieue”.

    Le nouveau centre-ville est cependant victime de son succès : les appartements avec vue dégagée, très recherchés, se négocient à plusieurs millions de dollars. Quant aux studios les moins chers, ils atteignent facilement 350 000 dollars [240 000 euros]. Un prix inabordable pour la plupart des jeunes ménages.

    “Il y a un idéal social au cœur du vancouvérisme. Et, contrairement aux Etats-Unis, ici les pouvoirs publics œuvrent à la mixité sociale”, explique Trevor Boddy, commissaire de l’exposition “Vancouverism”, qui a ouvert ses portes le 16 janvier dans le nouvel atrium de l’immeuble Woodward’s.

    Tout le monde ne partage pas cet enthousiasme. Pour beaucoup d’habitants, le vancouvérisme est un prétexte supplémentaire pour livrer la ville aux promoteurs. Et les avantages qui devaient découler de la densification ne sont pas au rendez-vous. Certains se plaignent que les équipements de loisirs soient pris d’assaut et que le réseau de bus soit insuffisant. “On s’est servi de l’écologie et du développement durable pour justifier un accroissement exagéré de la densité. Mais le coût écologique a été négligé”, regrette Alicia Barsallo, qui réside dans un quartier de l’est de Vancouver qui a vu sa population tripler.

     

    Le développement durable


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :