• Un pont entre les agricultures intensives et biologiques

    Un pont entre les agricultures intensives et biologiques  

    L’agriculture intégrée autorise une utilisation modérée de produits phytosanitaires ou d’engrais de synthèse, en jouant notamment sur la rotation des cultures.

    « L’agriculture intégrée est un pont vers l’agriculture biologique », juge Pierre Mischler. Toutes deux appliquent au végétal le principe de certaines médecines douces : mieux vaut prévenir que guérir. Les chercheurs montrent depuis des années qu’une bonne maîtrise de l’agronomie permet de couper l’herbe sous le pied de la plupart des nuisibles. Leur viabilité économique partage pratiquement les mêmes équations. La réduction des intrants (produits phytosanitaires, engrais…) diminue fortement les charges qui pèsent sur le producteur. Mais, à la différence de l’agriculture biologique, la culture intégrée s’autorise l’utilisation modérée de produits phytosanitaires ou d’engrais de synthèse. Cette approche limite donc les pertes de rendement dont souffre une pratique plus radicale. En revanche, elle ne peut accéder aux prix plus rémunérateurs de l’agriculture biologique, qui peut appuyer sa commercialisation sur un label reconnu.Pour un nombre croissant d’agriculteurs, cette approche offre un compromis : l’assurance d’une plus grande sérénité. C’est souvent une deuxième étape après un premier passage à l’agriculture raisonnée, une version optimisée de l’agriculture intensive qui exige peu de technique, mais n’offre qu’une modeste réduction des intrants. Dans d’autres cas, comme celui des propriétaires de terrains vulnérables (vallée humides, terres lourdes), les pratiques intégrées sont les seules façons de concilier environnement et viabilité économique.

    Associer plusieurs techniques

    La stratégie de la prévention réunit une batterie de mesures finement orchestrées. La rotation des cultures suffit souvent à décourager les pathogènes (champignons, bactéries, etc.), car les successions de végétaux différents empêchent les micro-organismes de trouver un terrain favorable stable. Le recours à des variétés plus rustiques renforce l’immunité des cultures. Pour éviter le développement des mauvaises herbes, la stratégie consiste à diminuer année après année le stock de graines dans le sol. Soit en les faisant germer après récolte pour les désherber mécaniquement, soit en leur opposant des conditions défavorables, comme les semis tardifs des cultures.L’agriculture intégrée n’est pas révolutionnaire, elle est étudiée depuis les années 1970. Décennie après décennie, quelques pionniers s’y sont mis, mais toujours dans des conditions et des cultures favorables. Elle s’est réellement développée dans des régions de polyculture, comme en Suisse ou au Danemark, des climats froids qui limitent les ravageurs. La culture intégrée de grandes surfaces en zone tempérée reste plus compliquée.

    M. Q.

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