• Un " socle de protection sociale " à l'échelle mondiale ?

    Un " socle de protection sociale " à l'échelle mondiale ? Le chemin sera long, mais Martin Hirsch y croit

     

    Martin Hirsch était à Genève, mercredi 11 et jeudi 12 août, pour participer à la première réunion d'un groupe de travail sur la mise en place d'un " socle de protection sociale " à l'échelle mondiale. Vaste chantier... " Bien sûr, comme toujours, on peut soit faire un flop, soit ouvrir une petite fenêtre qui entraînera des grands changements ", reconnaît l'ancien haut-commissaire à la jeunesse et aux solidarités actives contre la pauvreté.

    Cette initiative, lancée en avril 2009 par les Nations unies parmi neuf réponses à la crise financière, est pilotée par le Bureau international du travail (BIT) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle vise à généraliser à toute la planète un ensemble de droits sociaux, d'infrastructures et de services. Tandis que plus de 75 % de la population mondiale ne bénéficie d'aucune protection sociale et que les pays du Nord coupent dans leurs dépenses, tout cela pourrait bien ne déboucher que sur un indigeste rapport sans perspective de concrétisation. Mais à écouter Martin Hirsch, qui a accepté ce mandat d'un an aux côtés de dix autres personnalités, cet " enjeu très excitant " serait beaucoup plus en prise avec le contexte international qu'il n'y paraît au premier regard.

    Quelle mission ce groupe de travail présidé par Michelle Bachelet, l'ancienne présidente du Chili, s'est-il fixée ? En premier lieu de démontrer qu'investir dans un socle de protection sociale à l'échelle mondiale - concept qui reste encore à définir dans le détail - pourrait constituer un des moyens les plus efficaces de stabiliser la situation économique et de relancer la croissance. Autrement dit, un outil permettant de mieux résister à la crise actuelle, et non un poids qui grèverait les budgets publics.

    Chinois réceptifs

    Riche de son expertise en matière de pauvreté dans les pays du Nord, Martin Hirsch veut croire à ce " saut conceptuel ". Mais comment passer de la théorie aux actes et encourager certains Etats à se doter de systèmes de protection sociale dignes de ce nom ? Selon M. Hirsch, certains pays émergents y réfléchissent déjà, tandis que des conflits de grande ampleur autour des salaires se sont déclenchés au Bangladesh et en Chine. Invité récemment dans ce dernier pays par un think tank pour y parler du revenu de solidarité active (RSA), il a pu constater que les Chinois étaient réceptifs à cette thématique.

    L'initiative onusienne pourrait aussi pousser les pays du Nord à perfectionner leurs propres systèmes de protection sociale. Des financements seraient trouvés pour aider les pays les plus pauvres à mettre les leurs en place. L'ancien directeur d'Emmaüs, qui se dit allergique au " bla-bla ", a suggéré de réaliser des études de faisabilité. Il s'agit d'évaluer ce qu'il en coûterait à un Etat, en termes de moyens, de temps et d'obstacles à franchir, de se doter de cet outil. Cinq pays asiatiques et africains se sont déjà proposés pour servir de terrain d'expérimentation.

    Agathe Duparc (Genève, correspondance)


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