• Venezuela : pour financer ses dépenses publiques, M. Chavez dévalue le bolivar

    Venezuela : pour financer ses dépenses publiques, M. Chavez dévalue le bolivar

    En vue des élections de septembre, Caracas a instauré un double taux de change face au dollar


    Rio de Janeiro (Brésil) Correspondant régional

                Le président vénézuélien Hugo Chavez a menacé d'expropriation, dimanche 10 janvier, les entreprises qui augmenteraient leurs prix à la suite de la forte dévaluation du bolivar annoncée vendredi. Cette dernière mesure est un sérieux échec pour le chef de l'Etat, qui s'était toujours refusé à envisager un tel recours, que la dégradation continue de la situation économique et financière du Venezuela a rendu inéluctable.

    En rendant publique cette dévaluation, la première depuis 2005, M. Chavez a annoncé l'instauration d'un double taux de change favorisant les secteurs jugés prioritaires. Le dollar valait jusqu'à présent 2,15 bolivars ; il vaut désormais 2,60 bolivars, soit une dépréciation de 20,9 %, pour les importations des services publics et des biens de première nécessité en matière d'alimentation, de santé, d'équipement ou d'éducation.

    Le dollar s'échangera à 4, 30 bolivars - soit une dévaluation de 100 % - pour les autres importations jugées non prioritaires : automobiles, télécommunications, produits chimiques et électroniques, vêtements, boissons, tabac, etc. Le gouvernement utilisera ce second taux lors des échanges des dollars provenant de la vente à l'étranger des produits pétroliers, qui rapportent plus de 90 % de ses ressources en devises et financent pour moitié le budget de l'Etat.

    Cette double dévaluation a, selon M. Chavez, trois objectifs : " Renforcer l'économie, freiner les importations qui ne sont pas strictement nécessaires, stimuler les exportations. "  Elle résulte de la baisse des rentrées de devises due à la mauvaise tenue en 2009 des cours mondiaux du brut. Selon la Commission économique pour l'Amérique latine (Cepal), le Venezuela a subi en 2009 la plus forte chute en valeur des exportations de la région : - 42 %, contre - 24 % en moyenne.

    Le gouvernement avait déjà réduit les allocations de devises au cours officiel aux entreprises et aux particuliers. Dans ce pays qui importe la majorité de ce qu'il consomme - et près de 90 % de sa nourriture, selon un chiffre officiel -, deux tiers des produits achetés ces derniers mois ont été payés avec des dollars acquis sur le marché parallèle, jusqu'au triple du taux officiel. Une telle distorsion entre les marchés officiel et parallèle n'était plus tenable.

    La dépréciation massive du bolivar est un camouflet pour le président Chavez, que les médias progouvernementaux tentent de dissimuler. Ils ignorent le mot " dévaluation ", auquel ils préfèrent celui d'" ajustement ". " La crise ne touchera pas à un seul de nos cheveux ", clamait le président au début de 2009. Elle a pourtant " décoiffé " toute l'économie.

    La hausse du coût des produits importés a contracté de plus de 7 % le secteur industriel. Le Venezuela est entré en récession : - 2,9 % en 2009. L'inflation - qui atteint 25,1 % - est restée la plus forte de la région. De l'aveu même du gouvernement, la dévaluation contribuera à la gonfler en 2010.

    L'Etat est le grand gagnant, si l'on peut dire, de cette opération : il importera à 2, 6 bolivars le dollar, et recevra 4,3 bolivars pour chaque dollar provenant de ses exportations pétrolières. " Il est rare dans le monde d'aujourd'hui de voir un système de change qui privilégie autant le secteur public ", relève l'économiste Orlando Ochoa.

    Cette dévaluation est une décision éminemment politique, en ce début d'année électorale. M. Chavez alloue à l'Etat qu'il contrôle une nouvelle capacité de dépenses en bolivars. Cet argent permettra de continuer à financer les programmes sociaux, qui ont fidélisé son électorat, voire à décréter des augmentations salariales avant les élections législatives du 26 septembre.

    La majorité des Vénézuéliens sont, eux, les grands perdants. Leurs économies sont amputées de moitié. Pendant le week-end, les habitants de Caracas ont pris d'assaut les magasins pour acheter téléviseurs et ordinateurs, avant que leurs prix n'augmentent. L'économiste José Guerra résume la situation ainsi : " Le gouvernement aura plus d'argent, qu'il prendra dans la poche des gens. "

    Jean-Pierre Langellier

    Intéressant comme méthode : A suivre


  • Commentaires

    1
    Francine
    Mardi 5 Août 2014 à 19:37
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