• Zizanie et infamie au G20

    Zizanie et infamie au G20

    Il n'y aura pas de taxemondiale sur les banques. Obama, Sarkozy et Merkel en voulaient une. Ce week-end, en Corée, les ministres des finances du G20n'ont pas trouvé d'accord sur cette taxe- enterrée donc. Ils ne sont en réalité d'accord sur rien ?

    Oui, cette taxe retoquée ! L'idée de cette taxe mondiale sur les banques, elle était née au plus fort de la crise bancaire, il y a dix-huit mois. Il fallait punir les banques - responsable de cette crise justement. Trouver les moyens pour les inciter à prendre moins de risques aussi. Cette taxe , c'était devenu l'étendard du G20 , d'une gouvernance mondiale « new look » L'objectif, c'était aussi de constituer, avec l'argent de cette taxe , un fonds de sauvetage des banques ? Plus jamais, disait-on, les contribuables ne seraient mis à contribution pour sauver les banques.

    Eh bien, cette taxe , ce grand projet, a été bel et bien enterrée, ce week-end, à Pusan, en Corée du Sud. Les ministres des finances du G20 - les 20 principales puissances économiques du monde - devaient y préparer le sommet des chefs d'Etat de Toronto de la fin juin. Ils ont rejeté ce projet. Sous la pression d'une étrange alliance. On y trouve des pays riches dans lesquels les banques n'ont pas souffert - le Canada et l'Australie par exemple. Les pays pauvres qui montent et qui n'en ont rien à faire - l'Inde et le Brésil notamment. Et le lobby des banques, bien sûr qui se réjouit, aujourd'hui, d'échapper à cette nouvelle taxe ...

    Les ministres des finances du G20ont étalé à cette occasion, leurs divergences...

    Oui, divergences sur cette taxe mondiale mais pas seulement. En fait, on a rarement vu un tel étalage, de telles divisions dans un sommet de ce type. Un tel franc-parler aussi. Les ministres se sont opposés sur cette taxe mondiale, enterrée donc. Ils se sont déchirés aussi sur la manière de gérer la sortie de crise. Les Américains, soutenus par le FMI, ont demandé aux Chinois et aux Européens de ne pas réduire trop vite leurs déficits. Les Chinois et les Européens ont renvoyé les Américains dans leurs buts. Conséquence : on a eu, samedi, un communiqué d'un vide sidéral. Comme on n'en avait encore rarement vu pour ce genre de meetings.

    Le G20, ce devait être, d'après ses inspirateurs, une sorte de gouvernement mondial ?

    Oui, ben c'est raté Cette zizanie, totale, au sommet est inquiétante. Elle montre Un : le nouveau rapport des forces dans le monde. L'Amérique et l'Europe ne peuvent plus décider seules. Deux : la difficulté de décider à 20, 20 pays aussi différents que les Etats-Unis, l'Australie, la Chine ou l'Allemagne ! Trois : la difficulté de décider quand la pression s'atténue. Au plus fort de la crise, tout le monde était conscient de la nécessité de décider, d'agir, de réguler ensemble l'économie mondiale. Maintenant que la pression est moins forte, beaucoup croient à un retour au « monde d'avant » au « chacun pour soi » aussi. Grave erreur. Erreur qui pourrait coûter cher à la planète pourtant !  


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