Après le sauvetage des banques « too big to fail », les régulateurs américains s’inquiètent de l’avenir des banques trop petites pour résister à la crise de l’immobilier commercial. L’ensemble des valeurs bancaires, y compris Wells Fargo , Bank of America et l’assureur AIG, ont tiré à la baisse, mardi, l’indice Dow Jones, pour la troisième séance consécutive. Mais c’est surtout sur l’avenir des banques régionales que se concentrent désormais les inquiétudes des régulateurs, le nombre d’établissements liquidés s’élevant désormais à 84 banques, après la faillite d’Affinity Bank (Californie), Bradford Bank (Baltimore) et Mainstreet Bank (Minnesota), ce week-end, sur un total de 416 institutions« à problèmes »fixé par la Federal Deposit Insurance Corp. (FDIC).« Le financement de l’immobilier commercial reste un problème lancinant pour les bilans bancaires », a reconnu la présidente de la FDIC sur CNBC, sans cacher que le nombre des défaillances bancaires pourrait augmenter d’ici à la fin de l’année et en 2010. Selon certains analystes, les répercussions de la crise de l’immobilier commercial américain (centres commerciaux, bureaux …), pourraient être potentiellement désastreuses sur les bilans des banques, qui détiennent quelque 1.700 milliards de dollars de prêts dans ce secteur, avec une chute de 25 % à 50 % des valeurs immobilières dans certains cas. Les banques de la côte Ouest seraient particulièrement exposées et n’auraient pas les réserves suffisantes pour faire face aux provisions nécessaires liées à la chute des prix.
« Le problème majeur pour 2009 et 2010 est que les réserves des banques n’ont pas augmenté au même rythme que leurs actifs risqués (’non performing assets’) ; les difficultés des banques à problèmes vont se traduire par des répercussions significatives sur les résultats des banques saines à travers les prélèvements de la FDIC », estime l’analyste Richard Bove de Rochdale Securities, qui prévoit encore 150 à 200 défaillances de banques moyennes d’ici à la fin 2010.« Toute la difficulté du moment est de trouver des banques suffisamment saines pour reprendre les banques en difficulté », ajoute-t-il, en estimant que la FDIC devrait prélever 11 milliards de dollars sur les résultats des banques en 2010 pour faire face à ses engagements.En vue d’encourager les firmes de capital-investissement à renflouer les banques en difficulté, la FDIC a récemment assoupli les règles prudentielles imposées jusqu’ici aux investisseurs privés. Mais de l’aveu même de l’agence de garantie, le nombre des banques « sous surveillance » en raison de leur niveau insuffisant de réserves, est passé de 305 à 416 institutions en trois mois. Malgré une chute de 20 % du niveau de son fonds de garantie (à 10,4 milliards de dollars), la présidente de la FDIC a estimé ne pas avoir encore besoin,« à ce stade », d’avoir recours à la ligne de crédit de 500 milliards de dollars dont elle dispose auprès du Trésor américain. Mais elle n’exclut pas d’imposer un prélèvement spécial aux banques dans les prochains mois pour se renflouer.
Sheila Bair, présidente de la FDIC, estime ne pas avoir encore besoin, « à ce stade », d’avoir recours à la ligne de crédit de 500 milliards de dollars dont elle dispose auprès du Trésor américain.AFP