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Expliquer la finance et l'économie par un praticien. Participer a la compréhension d'une matière d'abord difficile mais essentielle pour le citoyen.

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" La statistique est en train de sortir de la "dictature de la moyenne" Cotis

" La statistique est en train de sortir de la "dictature de la moyenne" "

            ENTRETIEN

Jean-Philippe Cotis est économiste et directeur général de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).



L'Insee vient de publier trois études sur les inégalités. Marquent-elles un tournant dans la façon d'aborder cette question ?

Nous accordons de plus en plus d'importance aux données individuelles, à l'explicitation de la dispersion. La statistique publique est en train de sortir de " la dictature de la moyenne ", même si celle-ci conserve une influence très importante. Des progrès technologiques décisifs nous ont fait énormément progresser, depuis une dizaine d'années, dans notre capacité à recueillir et à traiter les données à la fois macroéconomiques et très détaillées. Nous récoltons aujourd'hui les fruits de ce travail qui ouvre de nouveaux champs d'investigation et rend plus fine notre analyse des inégalités dans la société française.



Concrètement ?

Prenez l'étude consacrée aux inégalités entre ménages dans les comptes nationaux. C'est une première statistique mondiale. Nous avons croisé des données d'enquêtes auprès des ménages avec les données de la comptabilité nationale et associé pour la première fois sur l'année 2003 deux approches : microéconomique et macroéconomique. Cela nous permet de connaître la consommation, les taux d'épargne, les transferts privés ou encore le revenu arbitrable - après déduction des dépenses pré-engagées - par quintile de niveau de vie. Ces données n'étaient jusqu'alors pas connues. Elles montrent qu'il y a un vrai saut entre le revenu arbitrable des classes moyennes supérieures et celui des plus aisés : en 2003, ce revenu passe de 18 970 euros à 39 730 euros selon que les ménages appartiennent au quatrième ou au cinquième quintile de niveau de vie. On n'est plus dans le même univers.



Est-ce une façon de mettre en oeuvre les recommandations de la commission Stiglitz-Sen-Fitoussi sur la mesure de la performance économique ?

Elle préconise de se référer davantage à l'évolution du revenu des ménages et à la consommation, jugées plus pertinentes que le produit intérieur brut (PIB), pour mesurer le bien-être. Nos travaux reflètent cette préoccupation et évoluent pour favoriser les comparaisons internationales. Pour mesurer le pouvoir d'achat des ménages en France ou en Europe par rapport aux Etats-Unis, nous prenons en compte les prestations en nature car la redistribution est bien plus forte dans l'Union européenne qu'aux Etats-Unis.



Sur quoi l'Insee compte-t-il travailler en 2010 ?

Nous allons promouvoir avec Eurostat, l'office européen des statistiques, et l'OCDE, les recommandations du rapport Stiglitz qui a reçu beaucoup d'échos en Europe et dans le monde anglo-saxon. Et nous présenterons, l'an prochain, des analyses sur les très hauts revenus, sur le mal-logement qui est au coeur des problématiques d'exclusion sociale, sur l'évaluation du capital humain, si décisif en temps de crise, et sur le capital social. Autrement dit sur la richesse des interactions sociales, qui font qu'une société évolue ou pas vers davantage de bien-être.

Propos recueillis par C. Gu.

 

Performances économiques et progrès social ( Débat, lien, etc...) 

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