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Expliquer la finance et l'économie par un praticien. Participer a la compréhension d'une matière d'abord difficile mais essentielle pour le citoyen.

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Londres met en place une taxe unilatérale sur les banques

Londres met en place une taxe unilatérale sur les banques

Dans un entretien à « La Tribune », Mark Hoban, secrétaire d'état à la City, annonce l'instauration d'une taxesur les banques sans attendre un accord international sur le sujet.

Sans attendre un compromis international sur le sujet, la Grande-Bretagne va mettre en place une taxe sur les banques. Mark Hoban, secrétaire d'Etat à la City, révèle dans un entretien accordé à cinq journaux européens dont « La Tribune » que cette taxe sera détaillée dans le projet de budget de l'Etat présenté ce mardi. « Il faut une taxe bancaire. George Osborne (le chancelier de l'Echiquier, Ndlr) y travaille internationalement : le Trésor américain étudie le sujet, la France et l'Allemagne aussi. Il y a une dynamique internationale. Mais il est clair que nous sommes prêts à avancer de façon unilatérale si nécessaire. » Des indications assez claires avaient été données dans le programme des conservateurs avant les élections. L'objectif était alors d'asseoir cet impôt sur le bilan des banques, en augmentant son montant en fonction des risques pris par chaque établissement.

Le montant de cet impôt dépendra de l'obtention ou non d'un accord international. « Si nous agissons unilatéralement, nous fixerons la taxe bancaire à un niveau qui n'endommagerait pas la compétitivité de la City. » Toujours dans leur programme, les conservateurs parlaient d'un impôt qui rapporterait un milliard de livres (1,2 milliard d'euros), mais « significativement plus » en cas d'accord international. Le « Sunday Times » évoquait ce dimanche une recette de 3 milliards de livres (3,5 milliards d'euros).

Le projet de budget présenté mardi devrait aussi contenir des mesures concernant les bonus des banquiers. « Le niveau des salaires dans la City est hors de proportion avec le reste de l'économie et il faut rééquilibrer l'ensemble. » Pour autant, Mark Hoban tient à rassurer la City : pas question d'imposer une nouvelle taxe sur les bonus, comme celle introduite l'an dernier par le gouvernement de Gordon Brown : « George (le chancelier de l'Echiquier), Ndlr) a exclu un renouvellement de la taxe sur les bonus mais d'autres mesures sont envisageables. »

recul sur la scission

Mark Hoban, qui est en charge de la régulation financière dans le nouveau gouvernement britannique, semble en revanche reculer en ce qui concerne la scission entre activités de banque de détail et de banque d'investissement. Les libéraux-démocrates, le partenaire des conservateurs dans la coalition, sont très nettement en faveur d'une telle solution. Lui préfère botter en touche, se réfugiant derrière la commission dédiée à cette question, créée cette semaine et qui remettra son rapport en septembre 2011. « Ce sujet divise les partis politiques et il faut avoir un vrai débat. John Vickers (le président de la commission) arrive avec un esprit ouvert. »

Mark Hoban indique à demi- mots qu'il préférerait une solution moins radicale : « Quand nous étions dans l'opposition, nous avions dit que s'il y avait un accord international, nous souhaiterions scinder les banques universelles. Mais nous reconnaissons qu'il n'y a pas d'accord international et nous devons donc étudier des remèdes non-structurels. » Lesquels ? « Le niveau des fonds propres par exemple : une banque universelle pourrait avoir des fonds propres plus élevés qu'une simple banque de détail. » Enfin, au niveau de la directive européenne sur les hedge funds, Mark Hoban, qui a rencontré en tête à tête le commissaire européen Michel Barnier il y a deux semaines, indique sa volonté de renégocier le texte en préparation. « J'espère que nous pourrons modifier la directive en améliorant le “ passeport ” européen. » Ce passeport permettrait à un hedge funds non européen d'avoir une autorisation de commercialisation dans toute l'Europe – au lieu de l'obtenir pays par pays - mais il est actuellement assorti de critères très difficiles à appliquer. Le secrétaire d'Etat à la City n'en fait cependant pas un problème central pour le Royaume-Uni, précisant que les négociations sur le sujet « approchent de la fin ».

par éric Albert, à Londres

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