
Manifestations devant les administrations publiques sur l’ensemble du territoire alors que le gouvernement a adopté, hier soir, son plan d’accélération de consolidation fiscale de 15 milliards d’euros sur deux ans pour ramener le déficit public de 11,2 % en 2009 à 6,2 % en 2011 ; lettre comminatoire du secrétaire général de Commissions ouvrières (CCOO) à José Luis Rodríguez Zapatero, son président, pour qu’il revienne sur sa décision de réduire en moyenne de 5 % les salaires dans la fonction publique dès cet été et de geler les retraites l’an prochain… La tension sociale est sérieusement montée, hier, en Espagne, où les syndicats envisagent désormais de porter l’affaire en justice et d’appeler officiellement à une grève générale en plus de la journée d’arrêt de travail prévue dans la fonction publique le 8 juin et non le 2 juin comme initialement annoncé.La nervosité ambiante est d’autant plus forte que l’on s’approche du « deadline » fixé à la fin du mois par le gouvernement pour que les partenaires sociaux s’entendent sur une réforme du marché du travail.Pour calmer les organisations syndicales, qui dénoncent l’injustice sociale dont sont victimes les retraités et les fonctionnaires, les seuls à subir directement, pour l’instant, les effets de l’actuel plan de rigueur, le gouvernement Zapatero, qui a révisé à la baisse, hier, ses prévisions de croissance pour 2011 de 1,8 à 1,3 %, évoque désormais le projet d’accroître le taux d’imposition des hauts revenus. Deux ans après avoir supprimé l’ISF, le pouvoir socialiste envisagerait, selon la presse, de réintroduire un dispositif spécial pour les fortunes supérieures à 1 million d’euros. L’Espagne compte actuellement 13.000 contribuables dont les revenus dépassent 600.000 euros l’an. Pour éviter une taxation de 43 %, les riches ont tendance à adopter le statut des sociétés (imposées à hauteur de 30 %) ou de placer leur patrimoine dans le cadre de sicav dont le taux n’est que de 1 %.
José Luis Rodríguez Zapatero.Bloomberg