

Les régulateurs américains commencent à s’intéresser à la manière dont ont été commercialisés les titres dérivés des « subprimes », à l’origine du séisme boursier de 2008. La Securities and Exchange Commission (SEC) vient de contraindre State Street and Trust Company, une banque sise à Boston, à distribuer 300 millions de dollars (220 millions d’euros) à ses clients pour ne pas leur avoir communiqué leur exposition aux investissements liés aux prêts hypothécaires à risque américains – lesdits « subprimes ». Cette somme s’ajoute aux 350 millions de dollars (256 millions d’euros) d’ores et déjà distribués par la banque pour régler d’autres contentieux d’ordre privé.« State Street a conduit ses investisseurs à croire que leurs investissements étaient plus diversifiés qu’un fonds monétaire typique, alors qu’ils étaient investis quasi intégralement dans des fonds ’ subprimes ’ qui leur ont causé des pertes de plusieurs centaines de millions de dollars », a indiqué Robert Khuzami, le directeur de la division en charge des enquêtes à la SEC.« Les enquêtes liées aux possibles infractions nées de la crise du crédit restent une priorité pour notre division », a-t-il ajouté.D’après la plainte déposée par le gendarme de la Bourse américaine, State Street avait créé en 2002 le fonds Limited Duration Bond, vendu à certains investisseurs comme une solution alternative aux fonds monétaires,par définition moins risqués. Cinq ans plus tard, ce fonds était presque entièrement investi dans des RMBS (« residential mortgage-backed securities ») de catégorie « subprime » et dans d’autres dérivés aggravant encore plus son exposition aux titres pourris.
En dépit de cela, State Street aurait continué à dire que son fonds restait plus diversifié qu’un simple fonds monétaire. Fait embarrassant pour la banque sanctionnée : elle aurait communiqué des informations plus complètes à d’autres catégories d’investisseurs, incluant ses filiales de conseils en investissement. Celles-ci auraient par la suite recommandé à leurs clients de se retirer du fonds toxique et de tous les autres fonds qui auraient pu lui être associés.
La SECreproche à State Street and Trust Company de pas avoir communiqué à ses clients leur exposition aux prêts hypothécaires à risque.Michael Fein/BLOOMBERG NEWS
Pourquoi on ne voit jamais cela en France.