
Les sociétés de gestion proposent leurs services à plusieurs catégories de clients bien distincts, schématiquement, les professionnels comme les institutionnels et les particuliers. Pour quels résultats au bout du compte ? Malgré les fortes différences de compétences entre ces deux types de clientèle, elles apparaissent finalement sur un relatif pied d’égalité en termes de performance délivrée par leurs gérants respectifs. Sur un large échantillon (1.100) de fonds américains investis en actions et à destination des institutionnels, on observe que ces fonds ne parviennent guère, après avoir prélevé leurs frais, à faire mieux que leurs indices de référence (1). Des résultats décevants. D’autres travaux (2) montrent même, de manière troublante, que malgré des frais bien plus bas, ces fonds n’enregistrent pas de performances supérieures à celles des fonds destinés aux particuliers (2). En termes de performance ajustée du risque, leur performance est même inférieure. C’est notamment le cas pour les petits fonds institutionnels, étonnamment peu en réussite. Cela peut signifier que ces produits disposent d’une clientèle captive et apparemment bien peu revendicatrice.
La relation entre les flux d’entrée-sortie et les performances est en revanche différente selon les institutionnels ou les particuliers. Ainsi, par exemple, les premiers ne se ruent pas avec le même empressement dans les fonds les plus performants dans une période récente, alors que les seconds en font une habitude… Le comportement des investisseurs dans chaque pays n’est aussi pas le même. Comme pour les fonds à destination des particuliers, mais dans une moindre ampleur, il existe une relation inverse entre le niveau des commissions et les performances dans les fonds institutionnels. En revanche dans ces deux catégories de produits, un taux de rotation de portefeuille entretient un lien négatif avec les rendements : la « suractivité », outre son effet mécanique sur la hausse des coûts de transactions, est aussi symptomatique d’un moindre talent du gestionnaire. C’est un mauvais présage quant à sa capacité à discerner entre les vraies et fausses opportunités qui se présentent à lui dans le marché. Autre similitude entre fonds « retail » et institutionnel, la part des liquidités (« cash ») dans ces fonds a un lien positif avec leur performance : plus elle est importante plus leur rendement est élevé. Sur le segment institutionnel : les plus gros fonds en termes d’encours enregistrent de meilleures performances que les petits. La taille des actifs gérés est ainsi un indicateur positif, davantage que dans le cas des fonds destinés aux particuliers.